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31.07.2008

Plan Bachelot

afp-photo-136435.jpgUn plan en trompe l'oeil

Le plan du gouvernement pour faire face au déficit de l’Assurance Maladie se présente officiellement comme un plan visant à parvenir à l’équilibre. La mesure phare en est la taxe sur le chiffre d’affaires des mutuelles et des assureurs. Officiellement, les assurés n’auront rien à payer, mais c’est se moquer du monde que de faire croire que cette taxe ne va pas se traduire d’une façon ou d’une autre par une hausse des cotisations.

En fait, l’objectif poursuivi avec cette taxe est de donner aux assurances une légitimité supplémentaire pour assurer la gestion de l’assurance maladie, comme le revendique officiellement l’Institut Montaigne, le think-tank de la Fédération Française des Sociétés d’ Assurance. Une fois de plus, avec cette mesure, l’objectif ultime du gouvernement apparaît bien de mettre fin au système de solidarité pour offrir aux assurances privées le marché de l’assurance maladie.

D’autres solutions de financement existent pourtant. La Cour des Comptes avait proposé dans son rapport de 2007 de taxer les stock options, ce qui rapporterait 3 milliards d’euros soit à peu de chose près le déficit attendu de 4 milliards. Il est curieux que le gouvernement pense à taxer les revenus liés au travail provenant de l’intéressement et de la participation, ce qui devrait rapporter 300 millions d’euros, et « oublie » de taxer les revenus provenant des stock options, pourtant eux-aussi liés au travail.

Pour Les Verts, une refondation du système de santé est nécessaire, mais il ne faut pas se tromper de diagnostic. Les dépenses de santé augmentent principalement parce que le nombre de maladies chroniques (cancer, diabète, maladies cardio-vasculaires....) augmente. Or ces maladies chroniques ont majoritairement des causes liées à l’environnement et au mode de vie. L’épidémie de diabète, dont le nombre a doublé en 10 ans a sa cause dans l’épidémie d’obésité comme l’épidémie de cancer a sa cause dans l’utilisation incontrôlée des substances chimiques. Une réforme de la santé doit viser en priorité à s’attaquer aux problèmes de santé d’aujourd’hui que sont ces épidémies modernes. C’est la seule façon à terme de mieux maîtriser les dépenses de santé et de mettre fin aux réformes qui détricotent le système de solidarité.

L’avenir de la Sécu concerne tous les Français et il est plus que jamais nécessaire qu’un large débat ait lieu dans le pays sur l’avenir de ce système. Les Verts demandent un Grenelle de la Santé, ... qui ne soit pas une simple opération de communication.

Anne Souyris Porte Parole nationale des Verts

29.07.2008

Loi pénitencière

233322.jpgBeaucoup de bruit pour rien

Après de multiples reports, la loi pénitentiaire a enfin été présentée en conseil des ministres aujourd’hui. Attendue depuis des années par les personnes détenues, leurs familles, les personnels de l’administration pénitentiaire et les associations, cette loi devait être une réponse à  l’échec de notre système pénitentiaire, machine à fabriquer de la  récidive et à détruire les individus. Et la déception est à la mesure de l’attente, la « grande loi fondatrice » accouchant d’une souris.

Les maigres avancées (téléphone, domiciliation…) n’avaient pas besoin d’une loi, des décrets suffisaient pour qu’elles soient mises en place. Quant à l’assignation à résidence, elle constitue surtout un outil pour  dépenser moins en enfermant plus. Dans un contexte de saturation des prisons, et vu le bilan du bracelet électronique concernant les condamnés, il serait surprenant qu’elles permettent le désengorgement des maisons d’arrêt.

Les oublis sont nombreux. Les cellules continueront à être surpeuplées (une nouvelle fois l’application de l’encellulement individuel est repoussée de cinq ans…), les condamnés en comparution immédiate à des courtes peines continueront à être enfermés (au contraire des personnes jugées en audiences normales), la règle européenne imposant un droit d’expression collective continuera a être bafouée, la libération conditionnelle malgré ses excellents résultats continuera à être sous-utilisée en France (qui en la matière est à l’arrière banc de l’Europe) et, en l’absence de parloirs aménagés pour la vie intime, la sexualité des détenus et de leurs conjoints continuera à s’exercer dans des conditions humiliantes pour tous.

En 2000 les sénateurs français intitulaient leur rapport Prisons : une humiliation pour la République. Depuis les rapports se sont accumulés, alourdissant à chaque fois ce constat et la situation s’est empirée. Interrogé en mai dernier sur les droits de l’homme en Russie, Vladimir Poutine rétorqua : « Quelle est la situation dans les prisons françaises? Je suis sûr qu’il y a de nombreux problèmes ». Qu’un dirigeant aussi irrespectueux des principes démocratiques nous fasse la leçon est choquant. Mais vu la faiblesse de cette loi, nous continuerons encore longtemps à avoir honte de nos prisons.

Les Verts

28.07.2008

Réforme de la Constitution

charliehebdon760100107dcn2.jpgSarkozy a joué à la roulette russe avec la Constitution Française

Les crises des dernières années (21 avril, TCE, banlieues, CPE) et l’échec de l’hyper-présidence de Nicolas Sarkozy avaient démontré que la V° République était à bout de souffle. Cette réforme était une immense occasion pour tous ceux qui réclamaient un régime plus démocratique et ouvert. Cette occasion a été manquée.

Les droits nouveaux accordés au Parlement et à l’opposition ne sont que symboliques et masquent un renforcement du caractère présidentiel du régime. La possibilité pour le Président de s’exprimer devant le congrès fera de lui le seul chef de la majorité, réduisant un peu plus le rôle du Premier Ministre. Nicolas Sarkozy dispose donc des outils du régime présidentiel, sans que le Parlement dispose des contre-pouvoirs associés (réel droit d’opposition, impeachment).

Il est regrettable que la majorité soit restée aussi bornée et fermée sur le droit de vote donné aux résidents étrangers, la réforme du Sénat et l’introduction de la proportionnelle. La France reste un des pays d’Europe les plus fermés sur la question.

Sarkozy a joué à la roulette russe avec la Constitution française. Grâce à des négociations de marchands de tapis et à deux voix près il a gagné. Marchandage et bidouillage sont plus que jamais les ressorts de la politique de Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas comme ça que nous concevons une démocratie respectueuse des citoyens, car non malheureusement monsieur le Président, ce n’est pas la démocratie qui a gagné.

Cécile Duflot, porte parole des Verts

Idée de lecture en passant

41u9jRyoeSL__SL500_AA240_.jpgOuvrage qui consacre un chapitre sur les trvailleurs dans lafilière nucléaire et en particulier les intérimaires
Annie Thébaud-Mony TRAVAILLER PEUT NUIRE GRAVEMENT A VOTRE SANTE.
Sous-traitance des risques, mise en danger d'autrui, atteintes à la dignité, violences physiques et morales, cancers professionnels, Paris, la Découverte, 2007

Une mise en bouche:

Dans toutes les régions du monde, au nom de la compétitivité, le travail tue, blesse et rend malades des milliers d'hommes et de femmes qui n'ont d'autre choix pour gagner leur vie que cet emploi dont ils savent qu'il peut gravement nuire à leur santé. Aujourd'hui, en France, selon les chiffres officiels de l'assurance-maladie et du Ministère du travail, le travail tue, blesse et rend malade, à raison de deux morts par jour dus à des accidents de travail, de huit morts par jour dus à l'amiante, de deux millions et demie de salariés exposés chaque jour dans leur travail à des cocktails de cancérogènes, de millions d'hommes et de femmes constamment poussés aux limites de ce qu'un être humain peut supporter, moralement et physiquement. Sur la plage d'Alang, en Inde, aujourd'hui, peut-être deux, peut-être dix, peut-être soixante travailleurs périront dans l'activité de démantèlement des navires échoués sur la plage, pour le plus grand profit des armateurs battant pavillon de complaisance et des grands marchands mondiaux de l'acier. Est-ce le travail qui tue ou ceux qui, autour des tables ovales des conseils d'administration, décident de son organisation? Quand EADS ferme huit usines en Europe, où ses dirigeants vont-ils trouver les moyens de nouveaux « gains de productivité » sinon dans la possibilité de sous-traiter le travail - pour en diminuer le coût - en exploitant les travailleurs chinois, indiens, brésiliens ou bulgares, avec la complicité des autorités locales, au nom des "droits" des actionnaires et dirigeants d'entreprise à disposer librement d'une main-d'oeuvre corvéable à merci pour l'appropriation privée des ressources de la planète. Chaque récit de ce livre témoigne du fait que travailler est aujourd'hui synonyme de mise en danger délibérée d'autrui, atteintes à la dignité, non-assistance à personne en danger, expérimentation humaine, violences physiques et morales, répression syndicale, en toute impunité pour les employeurs et donneurs d'ordres, responsables de la mort, du suicide ou de blessures dites « involontaires » de milliers de travailleurs. Un tribunal pénal international a été créé pour juger les crimes contre l'humanité. À quand la création d'un tribunal pénal international du travail, devant lequel seraient traduits en justice ceux qui, sciemment, transforment le travail en un lieu de violence et de mort ? Comme chercheur en santé publique mais aussi comme porte-parole du réseau international Ban Asbestos, l'auteure souhaite, par ce livre, donner l'alerte sur une situation très grave et sur la nécessité d'une mobilisation collective la plus large possible visant à briser l'impunité de ceux qui en sont responsables.

Faites connaître cet ouvrage à vos correspondants. Pour le commander, reportez-vous aux indications figurant sur le site des Editions La Découverte

Si vous souhaitez réagir au livre et joindre l'auteure, adressez vos message à : thebaud-mony.annie@wanadoo.fr

26.07.2008

Une bonne adresse

186_8684.JPGAgriculture et circuits courts 

Dominique Boutouiller, jeune exploitant agricole, en conversion Bio, vient de s'installer à Plougonver (22). Il élève des porcs et a des cultures maraîchères.

Le porc fermier est conditionné en caissettes de 10 kg (prix au kilo: 7,60€) et 20 kg (prix au kilo: 7,40€). Les caissettes sont compsées de morceaux variés, de saucisses et de pâté en barquette prêt à cuire. Les produits maraîchers sont, bien entendu, de saison (en ce moment, les petits pois et les haricots verts sont bien appétissants!!!). Le petit plus culinaire de Dominique pour les navets: les cuire à l'eau, les déposer une belle noisette de beurre, les écraser à la fourchette puis les déguster!

Vous pouvez retrouver Dominique sur divers marchés locaux: Callac le mercredi matin et Le Vieux Marché le samedi matin. Sinon c'est à la ferme le vendredi soir qu'il propose ses produits.

Son adresse: Dominique Boutouiller Kergalaon 22810 PLOUGONVER  tel: 02/96/47/95/35

Son courriel: lafermedekergalaon@orange.fr

Protection des travailleurs du nucléaire

P817730D661371G_px_470__w_ouestfrance_.jpgLa CRIIRAD tire la sonnette d'alarme

1. les contaminations accidentelles ne sont pas des évènements anodins et doivent être déclarées comme accidents du travail.

2. la répétition d'incidents sur les installations nucléaires traduit un manque de culture de sûreté particulièrement préoccupant.

En moins de 15 jours, la CRIIRAD a eu connaissance de 4 dysfonctionnements concernant 4 centrales nucléaires EDF et ayant entraîné, au total, la contamination accidentelle de 126 travailleurs : contamination de 7 salariés d'entreprises extérieures, le 11 juillet, à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine ; contamination de 4 salariés d'entreprises extérieures détectée le 12 juillet à la centrale nucléaire de Gravelines ; contamination de 15 salariés d'entreprises extérieures découverte le 18 juillet à la centrale nucléaire de Saint-Alban-Saint-Maurice ; contamination de 100 salariés qui intervenaient dans le bâtiment réacteur le 23 juillet à la centrale nucléaire du Tricastin.
NB : ce dossier mériterait un traitement approfondi. Les remarques ci-dessous ne constituent qu'un premier niveau de commentaires.

Concernant la nature des informations diffusées par l'exploitant

Les communiqués diffusés par EDF soulèvent plus de questions qu'ils n'apportent de réponses. Si l'on prend l'exemple du Tricastin : les personnes intervenaient dans le bâtiment réacteur de l'unité 4 de la centrale nucléaire. Le réacteur était à l'arrêt depuis le 12 juillet pour déchargement du combustible irradié, rechargement en combustible neuf et réalisation des opérations de contrôle et de maintenance. La contamination aurait été provoquée par l'ouverture d'un circuit ou d'un tuyau, ouverture qui a entraîné la dispersion instantanée de poussières radioactives dans l'atmosphère. La CRIIRAD attend des précisions sur les caractéristiques des balises d'ambiance et le déclenchement de l'alarme : dépassement d'une limite de débit de dose (si oui laquelle ?) ou d'une limite de contamination volumique de l'air ? Dans ce cas, sur quel paramètre s'est produit le dépassement ? Activité bêta totale, alpha totale, radionucléides spécifiques ? Quels sont les radionucléides identifiés, quelles sont les activités volumiques ? Quel délai s'est écoulé entre le déclenchement de l'alarme et l'évacuation du dernier intervenant
Dans le passé, des intervenants étaient restés en milieu contaminé pendant plusieurs heures après le déclenchement de l'alarme du bâtiment réacteur. ? Les salariés disposaient-ils de protections respiratoires (si oui lesquelles, si non pourquoi ?) ? Dans quelles conditions s'est déroulée l'intervention sur le « tuyau » qui a provoqué la contamination ? Pourquoi n'y avait-il pas de SAS de confinement ? Les opérateurs étaient-ils informés des risques de dispersion ? Quelle est la nature et la fonction exacte du conduit incriminé ? etc.

Concernant les niveaux de contamination et les risques

Les deux communiqués mentionnent de « faibles traces » de contamination. Plutôt que des appréciations subjectives, d'autant plus discutables qu'elles sont émises par l'exploitant, le laboratoire de la CRIIRAD souhaiterait des données objectives, chiffrées sur : 1/ les radionucléides impliqués dans la contamination, 2/ les niveaux de contamination mesurés (avec les marges d'erreur) et, pour les radionucléides potentiellement présents dans l'air inhalé mais non détectés chez les salariés, les limites de détection, 3/ les moyens métrologiques utilisés pour évaluer les activités incorporées, etc.

Des expositions très inférieures à la norme admissible selon l'ASN Des expositions inférieures au centième, au quarantième, au vingtième de la limite de dose selon EDF.
L'exploitant et l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sont revenus à leur communication habituelle : dès lors que les doses ou les rejets dans l'environnement sont inférieurs aux limites prescrites, l'absence de dépassement des limites réglementaires est mise en avant comme preuve d'innocuité ou d'absence d'impact.

Lors du rejet de SOCATRI, qui a représenté plus de 17 fois sur la base des chiffres officiels revus à la baisse (les premiers chiffres diffusés correspondaient à un dépassement de plus de 100 fois la limite). (la limite maximale annuelle !) ni l'exploitant ni l'ASN n'ont fait la moindre référence ni à la limite, ni à son dépassement, les chiffres du rejet radioactif dans l'environnement étant même donnés en kilogramme alors que les limites réglementaires sont établies en becquerels, ce qui empêchait les non spécialistes de prendre conscience de l'importance de la fuite.

Rappels concernant la signification des limites de dose réglementaire

Les limites réglementaires de dose – de 20 milliSieverts par an (mSv/an) pour les travailleurs de catégorie A et de 6 mSv/an pour les travailleurs de catégorie B – ne correspondent pas à une limite de non risque mais à un niveau de risque maximal admissible.
Sur la base du facteur de risque cancérigène officiel de 4 x 10-2 x Sv-1 pour les travailleurs exposés, la limite de dose efficace de 20 mSv/an correspond à un risque annuel de décès par cancer de l'ordre de 8 x 10-4. Cela correspond pour 274 000 travailleurs
Ce chiffre correspond au nombre de travailleurs sous surveillance dosimétrique en 2005 (source IRSN). Heureusement les expositions réelles sont très inférieures à la limite. qui seraient exposés à 20 mSv/an à 219 décès par cancers radio-induits (des cancers qui apparaîtront avec un temps de latence de quelques années pour les leucémies à plusieurs décennies pour les tumeurs solides). C'est bien un risque maximal et non pas un risque nul. D'où l'obligation de réduire les expositions au maximum en dessous des limites réglementaires. La limite n'est pas un niveau à partir duquel le risque commence mais un niveau de risque maximum.
C'est écrit en toutes lettres à l'article R. 231-75 du code du travail (partie exposition aux rayonnements ionisants) : « Les expositions professionnelles individuelles et collectives aux rayonnements ionisants doivent être maintenues en deçà des limites prescrites par les dispositions de la présente section au niveau le plus faible qu'il est raisonnablement possible d'atteindre. »
Par ailleurs, la limite de dose correspond au cumul des expositions sur 12 mois consécutifs. Pour pouvoir comparer l'exposition d'un travailleur à la limite réglementaire, il faut ajouter à la dose reçue lors de la contamination accidentelle, les doses reçues au cours des 364 jours précédents.

C'est, là encore, inscrit en clair dans le code du travail : article R. 231-76. « La somme des doses efficaces reçues par exposition externe et interne ne doit pas dépasser 20 mSv sur douze mois consécutifs. »
EDF affirme que la contamination subie par les travailleurs n'a pas de conséquence sur leur santé. En employant le présent, elle rassure à bon compte les lecteurs peu attentifs. S'agissant d'expositions à de faibles doses de rayonnement, il n'y a en effet aucune manifestation clinique immédiate. La question n'est pas de savoir si la contamination a aujourd'hui des conséquences sur la santé des travailleurs concernés (la réponse est clairement non) mais si elle en aura à terme. Certes les niveaux de dose déclarés par EDF sont faibles et la probabilité de développer un cancer induit par cette exposition est également faible. Pour autant elle n'est pas nulle (d'autant qu'en matière de contamination interne, les évaluations de risque sont entachées de très nombreuses incertitudes).
De façon très schématique : les particules radioactives qui ont été incorporées (inhalées) ont été pour partie éliminées et pour partie se sont fixées dans certains organes (les organes cibles, et la durée de l'irradiation dépend de la nature des radionucléides incorporés). La particularité des atomes radioactifs est de se désintégrer en émettant des rayonnements très irradiants capables de créer des lésions au sein
des cellules (d'où leur nom de rayonnements ionisants). Heureusement, les cellules sont dotées de systèmes de réparation très efficaces. Malheureusement, un certain nombre de lésions ne seront pas ou mal réparées. L'irradiation peut ainsi transformer une cellule normale en cellule précancéreuse ou promouvoir un processus de cancérisation déjà à l'oeuvre. Il est impossible de prévoir si une contamination sera à
l'origine d'un cancer ou favorisera son développement. On ne peut qu'estimer la probabilité que cela arrive. Aux niveaux de doses mentionnées par EDF, cette probabilité reste faible (en tout cas selon les modèles et coefficients de risque officiels qui comportent de nombreuses zones d'ombre) mais elle n'est pas nulle. Affirmer qu'il n'y aura pas, à terme, d'impact sanitaire relève de la désinformation.
Qu'EDF méconnaisse les effets des faibles doses de rayonnements ionisants et les principes de radioprotection est déjà choquant. Que l'Autorité de sûreté nucléaire, qui a en charge non seulement la sûreté mais également la radioprotection, tombe dans les mêmes travers est encore plus préoccupant.
La Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR) qui édicte des recommandations qui servent de base à l'élaboration de la réglementation européenne (directives et règlements Euratom) a insisté dans sa publication n°90 sur le fait que la limite maximale de dose était considérée « très souvent, mais de façon erronée, comme une ligne de démarcation entre ce qui est sans danger et ce qui est dangereux », (§124), expliquant qu'elle constituait en fait une frontière entre l'inacceptable et le tolérable (§150).

3. Recommandation aux salariés concernés

Compte tenu des temps de latence entre l'exposition et l'apparition éventuelle de manifestations cliniques, compte tenu de la nécessité de tirer tous les enseignements du dysfonctionnement, il est important que les contaminations accidentelles soient déclarées comme accident du travail. L'expérience montre que le chef d'entreprise refuse généralement de faire cette déclaration, déclaration qui déclenche une enquête du CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail).
Rappelons qu'à défaut, si l'entreprise ne procède pas à la déclaration, chacun des salariés concernés peut adresser une déclaration à la CPAM dont il dépend, sur papier libre, précisant les conditions dans lesquelles il a été contaminé et les doses de rayonnement qu'il a reçues. La déclaration doit être faite par voie de recommandé avec accusé de réception. Le délai est de 2 ans à compter de la date de la contamination.
Il est important de conserver la trace de toutes les expositions, que ce soit par voie externe ou suite à des incorporations (inhalation, ingestion ou blessures). Il importe de faire le cumul des doses reçues sur les 12 derniers mois (afin de les comparer à la limite annuelle), mais aussi de tenir compte de l'ensemble des expositions sur toute la vie professionnelle. A ce jour, officiellement, seules les pathologies cancéreuses sont reconnues comme pouvant être radio-induites (et la transmission de maladies génériques à la descendance). Cependant, d'autres effets des contaminations internes commencent à être documentés (fatigabilité, perturbations du fonctionnement des systèmes nerveux, cardiaque, immunitaire, endocrinien, etc). Par ailleurs, le dossier médical doit bien mentionner l'exposition à l'ensemble des produits toxiques et cancérigènes ( et pas seulement aux rayonnements ionisants) car il faut tenir compte des phénomènes de synergie (encore mal connus mais avérés)..

4. Evolutions préoccupantes

La CRIIRAD reçoit de plus en plus d'appels de travailleurs du nucléaire, qu'il s'agisse des salariés des grandes entreprises du nucléaire, de salariés et d'intérimaires des entreprises de sous-traitance dénonçant la dégradation de leurs conditions de travail et des pressions croissantes, en particulier lors des arrêts de tranche des centrales nucléaires (qui ont été considérablement raccourcis). Ces travailleurs disent leur désarroi et soulignent les conséquences potentielles de ces difficultés pour la sûreté des installations.
Bien des signes viennent confirmer ces déclarations verbales ou écrites, signées ou anonymes reçues par la CRIIRAD. Ainsi, l'article 21 de la loi du 13 juin 2006 stipule que le rapport annuel d'activité établi par l'exploitant d'une installation nucléaire « est soumis au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'installation nucléaire de base, qui peut formuler des recommandations. Celles-ci sont annexées au document aux fins de publication et de transmission.» Voici, à titre d'exemple, ce qu'a mentionné le CHSCT d'AREVA NC (site de Tricastin) au bas du rapport de 2007 :
« Le CHSCT décide de ne pas faire de recommandations sur ce rapport 2007 car l'expérience de 2006 a démontré que ses recommandations n'intéressent personne. De plus, le CHSCT déplore que ce rapport soit utilisé comme outil de propagande ». (sic)
Par ailleurs, la CRIIRAD a pu recueillir le témoignage de salariés de différents sites nucléaires qui, dès lors qu'ils ont été contaminés ou exposés à des irradiations externes significatives et qu'ils tentent d'obtenir des informations ou la reconnaissance du détriment qu'ils ont subi, sont traités comme des parias par leur hiérarchie et, trop souvent, par leurs propres collègues.
Il est important que les expositions ne soient analysées par rapport aux risques qu'elles entraînent pour l'image de marque de l'entreprise mais pour la santé des travailleurs. C'est la radioprotection qui doit être placée au centre des préoccupations. Pour cela de nombreux changements doivent être mis en oeuvre. Il est en particulier indispensable de garantir l'indépendance des services de médecine du travail vis-à-vis de l'exploitant qui est aussi leur employeur. Il faut également mettre à plat le dossier de la protection des travailleurs des sociétés de sous-traitance, et en particulier des intérimaires. On ne peut en effet s'empêcher de remarquer que dans 3 des 4 cas mentionnés ci-dessus les travailleurs contaminés appartiennent à des entreprises extérieures. Il est, par exemple, indispensable que les sociétés de sous-traitance soient correctement représentées aux CHSCT des entreprises dont elles sont prestataires. Il est également urgent de faire adopter une loi garantissant la protection des lanceurs d'alerte, avec un statut de salarié protégé pour ceux qui permettront d'identifier des dysfonctionnements susceptibles de mettre en danger la santé ou la sécurité publique.
Ces questions devraient être largement débattues et interpeller le grand public. En effet, on parle souvent des barrières matérielles successives censées garantir le confinement des matières radioactives mais la première des barrières est constituée par les travailleurs eux-mêmes.

CRIIRAD 24/07/2008 Contaminations à répétition dans les centrales EDF

Pour en savoir plus c'est ICI

24.07.2008

Nucléaire: et la transparence Borloo?

verres4.jpg Dès le 17 juillet après les premières fuites sur le site du Tricastin, Jean-Louis Borloo annonçait vouloir vérifier toutes les nappes phréatiques près de l'ensemble des centrales nucléaires.

Le 19 juillet, lors des deuxièmes fuites, il insistait en déclarant vouloir tout remettre à plat dans les procédures de contrôle ... retournant l'effet dévastateur des incidents survenus, le super ministre se posait en chantre de la transparence en matière de sûreté nucléaire.

Trois jours après, le 22 juillet, on peut lire sur le site de la préfecture du Vaucluse un arrêté levant toutes les interdictions de prélèvement d'eau et de pêche sur les cours d'eau et la nappe souterraine contaminés.

Or des analyses exhaustives n'ont pas été menées sur tous les forages privés, alors que c'est la pollution de certains d'entre eux qui avait
révélé la contamination du site du Tricastin. L'étude sera poursuivie (voir site de la préfecture du Vaucluse) mais elle n'est pas encore réalisée.

Pire ! les quelques mesures effectuées montrent des dépassements des normes de l'OMS, mais paraît-il, d'origine plus ancienne !

On comprend mal la logique qui conduit à la levée des interdictions.

On voit bien qu'il s'agit en réalité de préserver l'image du nucléaire et de rassurer à bon compte les populations.

Car comme le dit, Jean-Louis Borloo lui-même, le choix stratégique du développement du nucléaire a été validé en haut lieu. Nicolas Sarkozy en personne s'emploie à vendre la technologie française lors de ses déplacements à l'étranger. Le nucléaire avait d'ailleurs déjà été exclu des débats du Grenelle de l'environnement, contre toute logique.

Les Verts dénoncent l'absence de transparence qui reste la règle en matière de nucléaire et condamnent le double langage du gouvernement.

Les Verts demandent que les mesures promises par Jean-Louis Borloo sur les nappes phréatiques près de l'ensemble des centrales nucléaires soient réalisées et publiées, en particulier sur le site de Tricastin.

Jean-Louis Roumégas, Porte parole national des Verts

20.07.2008

Pétition contre EDVIGE!

jesigne.png

Malgré le ralentissement estival, il se passe des choses scandaleuses notamment le fameux fichier EDVIGE, instituant le fichage systématique et généralisé, dès l’âge de 13 ans, par la police des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs et religieux.

Signer la pétition contre son utilisation ICI

Demain on rase gratis....

nucleaire-bougie-ganva-sept07.jpget on fait du nucléaire sans danger!

Après Tricastin, Roman-sur-Isère. Et après? Que doit-on attendre pour mettre sous haute surveillance l'ensemble des sites nucléaires en France?Nous voyons déjà les méfaits à très court terme de cette source énergétique épuisable, gravement polluante et dangereuse dès aujourd’hui pour tous et toutes, en particulier les riverains de ces sites.

Oui, la France est la plus grande poubelle nucléaire mondiale. Non, nous ne savons pas contrôler et stopper les risques. Ces deux incidents graves le prouvent une fois de plus.

Cela prouve également que l’industrie nucléaire n’est pas une chance pour la France et le monde en général, mais un élément destructeur et sans issue : sans issue parce que dangereux, sans issue parce que toujours lié à des lobbies économiques hégémoniques et sans scrupule face à l’environnement et la santé, sans issue parce que toujours en contradiction avec les principes de transparence et d’information citoyenne qu’est en devoir d’exiger notre démocratie.

Ainsi, Les Verts et leurs parlementaires estiment que lumière doit être faite sur l’état de notre industrie nucléaire, des déchets et de leurs méfaits déjà existant et à venir. Il demandent en urgence une commission d’enquête indépendante durable qui donne des informations publiques et continue sur tous les sites nucléaires français et leur impact sur l’environnement et la santé à proximité.

Les Verts demandent que soient fermé tout site sur lequel existe un risque et que soient mandatés des unités scientifiques indépendantes pour évaluer et contrôler la situation.

Ils demandent enfin que l’on regarde en face la réalité de la capacité nucléaire pour résoudre la crise énergétique : avec ses pauvres 17% de production énergétique en France et ses 3% au niveau mondial et quand on voit déjà les ravages que cette poussière énergétique produit, Les Verts demandent à ce que la question soit posée : "est-ce bien nécessaire ?".

Les Verts rappellent que l’industrie des énergies renouvelables crée proportionnellement dix fois plus d’emplois que l’énergie nucléaire, et que la France continue cependant à investir des milliards dans cette industrie. Ils rappellent également qu’un véritable programme d’économie et d’efficacité énergétique peut diviser par deux notre consommation d’énergie, rendant progressivement caduque ce "plus énergétique" atomique, qui plus est, vendu à tour de bras à nos voisins européens...

En d’autres termes, quand M. Borloo arrêtera-t-il de conseiller aux automobilistes de rouler moins vite et assumera-t-il une baisse de la vitesse autorisée des voitures de 20 km heures pour gagner rien moins que 20% de consommation d’essence pour les mêmes trajets ? Quand interdira-t-on - comme promis par le même M. Borloo lors des conclusions du Grenelle - les lampes à incandescence ? Quand repensera-t-on un aménagement du territoire fondé sur l’économie, la solidarité et l’efficacité énergétiques au lieu de continuer la construction d’autoroutes et des politiques de promotion de l’étalement urbain ?

Le développement de l’industrie nucléaire s’est avéré une fois de plus ennemi de la démocratie et de la santé de tous. Les Verts demandent une réaction du gouvernement dès aujourd’hui pour que cesse à terme en France la production et l’utilisation de cette énergie. Ils demandent enfin qu’une vaste étude indépendante permette de surveiller et de rendre inoffensifs les déchets radioactifs trop souvent mal conditionnés et enfouis sous terre ou dans les océans sans surveillance.

Anne Souyris, Porte Parole nationale des Verts

En supplément, Noël Mamère s'exprime au sujet de la fuite de Tricastin ICI

19.07.2008

Tout va très bien Madame la Marquise

Fleurs%20des%20Champs.jpgFuites d'uranium....

Quand on joue avec le feu nucléaire, on finit par s’irradier les doigts ! Les Verts sont effarés par l’incident nucléaire qui s’est produit à la centrale de Tricastin. Plus de 300 kg d’uranium se trouvent aujourd’hui dans la nature.

Comme par hasard, les autorités s’empressent de se montrer floues et d’expliquer que tout va bien. Pourtant, le public, et notamment les riverains, mériteraient de savoir quel type d’uranium a été disséminé. Uranium enrichi ? Uranium appauvri ?

Ensuite, dire qu’il n’y a aucun problème car la fuite n’a pas atteint la nappe phréatique est mensonger. D’une part, un effet retard est probable, et la contamination prendra plusieurs jours pour se diffuser. D’autre part, le biotope local est d’ores et déjà contaminé.

Incident à la centrale du Blayais en 1999 et pendant la canicule, incidents en Suède l’été dernier, incidents récents en Slovénie voilà quelque semaines... le nucléaire est un danger mortel pour les populations. Le promouvoir est irresponsable.

Avec Nicolas Sarkozy au pouvoir, aucun danger pour l’environnement ?

Anne Souyris, Porte-parole nationale

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